TV on the barreaumètre: Blair
6 Blair Underwood (Etats-Unis, 44 ans)
Vu dans : « In Treatment » saison 1, « Dirty Sexy Money » saison 1, « The New Adventures of Old Christine » saison 3
Prochainement dans: “Dirty Sexy Money” saison 2
Dirty Sexy Chocolat
Le pari de Blair Underwood semble de vouloir s’imposer de plus en plus non pas comme une version au rabais de Denzel Washington, mais plutôt comme son faux jumeau du petit écran. Denzel a un parcours hollywoodien classique : des petits rôles au cinéma et dans des téléfilms, un rôle principal dans une série à succès, le « med show » de Tom Fontana (« Oz ») « St Elsewhere », une consécration dans le « Glory » d’Edward Zwick qui lui vaudra son premier Oscar puis la carrière qu’on lui connaît. Blair, qui a percé dans «La Loi de Los angeles » , avec sa gueule, n’a pas eu besoin de se faire prier pour qu’on l’invite sur le grand écran mais semble avoir vraiment trouvé ses repères à la télévision. Et quels repères ! Il est assez ironique qu’un an après son auto-parodie dans l’affreux « Full Frontal » de Soderbergh, le tome 2 le « révèle » au reste de la terre à l’orée de ses quarante ans dans une des scènes les plus marquantes de « Sex & The City » (celle de l’épisode 11 de la saison 6). Du coup, on est gentil, et on est prêt à oublier par « LAX » pour passer passe directement à la saison qui nous concerne. C’était pas très dur, il était Partout.
Dans « Dirty Sexy Money » d’abord, il campe un businessman milliardaire en laquelle de la patriarche de la famille Ewing version upper-class new-yorkaise trouvait son ennemi juré. «DSM » a beau être bourrée de défauts, elle a aussi quelques bonnes idées comme celle à double-tranchant un « vilain » qu’on a quand même moyennement envie de détester. « Old Christine », actuellement en clair sur Canal, a quand à elle tout compris, en exploitant son charisme assez dévastateur tout autant que ses aptitudes comiques. Comme si cela ne pouvait suffire à notre bon plaisir – et aux mirettes, le meilleur reste à venir avec son rôle dans « In Treatment ». Ce remake d’une série israélienne est l’une des réussites majeures de la saison passée : son dispostif assez expérimental avec sa cadence très particulière (43 épisodes cette saison), son ascétisme théâtral et la puissance tacite des évènements agissant en sourdine installe une intimité et une addiction aussi immédiate que, du coup, son éventuel rejet. Blair y incarne Alex, un pilote de l’armée américaine consulte Paul, psychiatre campé par Gabriel Byrne, car, après avoir bombardé une école irakienne comptant en son sein seize enfants, ne ressent pas une once de culpabilité. Tous les échanges entre Paul et ses patients sont chargés de compétitivité, mais parmi eux, c’est le personnage de Blair qui le confronte le plus frontalement. Le script exploite finement la gestuelle de personnage pour amplifier le point de vue de Paul, et, rôdé par DSM, Blair peint avec aisance son arrogance autant qu’il parvient à investir sa dimension dramatique. En quelque mois, l’acteur a touché à tout, convaincu et a du coup beaucoup amplifié son capital « sympathique ». Le non moins sympathique Taye Diggs, quant à lui, en attendant de se voir proposer de bons rôles, doit en attendant son heure se contenter de jouer les seconds couteaux dans le spin-off de « Grey’s Anatomy ». « Dark, very intense, balanced, unique, mysterious, an intense body, delicate and smooth…” Les publicistes de Nespresso doivent déjà être aux aguets.
