TV on the barreaumètre: Tahmoh, Michael
3 Tahmoh Penikett (Canada, 33 ans)
Vu dans : « Battlestar Galactica » saison 4
Prochainement dans : « Dollhouse » de Joss Whedon
2 Michael Trucco (Etats-Unis, 38 ans)
Vu dans : « Battlestar Galactica » saison 4

Aussi loin que puisse aller ma geekitude féroce, je n’ai jamais voué à BSG le culte hystérique dont il a fait l’objet au cours de ses quatre saisons. Le mythe bâti autour de la série qui aurait révolutionné l’appréhension de la SF par le petit écran n’a jamais eu vraiment effet sur moi. Pour sûr, le brassage des thèmes et genres qu’elle se targue de convoquer aurait pu donner quelque chose d’assez intéressant voire exceptionnel… s’il était accompagné d’une véritable maîtrise. En l’occurrence, le tuning de la série kitschos de la fin des 70’s du créateur de « Magnum » (beh oué) met surtout en relief le CV du nouveau chef de chantier. Il est indéniable que Ronald A. Moore, qui a fait ses gammes dans un des énièmes reboots de « Star Trek », et son équipe ont la main sûre quand il s’agit de mettre en image des morceaux de bravoure de pure SF comme on les affectionne, ou, après avoir contribué aux heures de gloire de la « Caravane de l’étrange », de développer la dimension purement mythologique de l’histoire des rapports entre l’homme et la technologie, mais passées ces deux sphères, la série se plante allègrement quand il s’agit de mettre en parallèle les enjeux socio-politiques de notre civilisation– qui semble quand même être la vocation majeure de la série. On aura beau me dire, mettre en scène des conflits extrêmes « si proches de ce que nous sommes à l’heure actuelle en fait, t’as vu » ne consiste pas à bricoler des cliffhangers outrés résolus de façon résolument absurde en deux coups de cuillère l’épisode suivant, à initier des pistes et introduire des intrigues pour qu’elles se voient laminées par une lobotomie des scénaristes – et des personnages - ponctuelle et bien pratique, à illustrer la complexité des rapports humains par des histoires sentimentales gluantes qu’on croirait tout droit d’une production Aaron Spelling. Chef-d’œuvre matricielle du genre ? Certainement pas ! Bonne petite série de SF quand les mecs savent où ils vont et quel chemin emprunter ? La quatrième (et dernière) saison de la série me rassure pas mal sur le sujet jusqu’à présent, et ça, c’est cool car ça fait un moment que j’avais de dire quelque chose comme çà.


L’autre point sur lequel se distingue, c’est ses interprètes. Fini l’ère des Bela Lugosi aux oreilles pointues et autres créatures maquillées comme une oeuvre de vieillesse d’un vieux maître du giallo – bien que « Babylon 5 » fut une excellente œuvre de SF tout comme son créateur qui, je l’espère, nous le démontrera une nouvelle fois dans le prochain Clint Eastwood dont il a signé le script, la série au du s’adapter aux exigences des lecteurs de FHM et d’une certaine frange du lectorat de Men’s Health. Les premiers se délecteront de la présence de la fabuleuse Number Six, incarnée pour la nouvelle génération sous les atours sculpturaux du mannequin Tricia Helfer, de Grace Park ou voire de la magnifique présidente, les seconds ont aussi largement de quoi faire. Alors, évidemment, on pourrait s’attendre à une énième célébration de la fameuse http://www.truveo.com/The-Famous-Towel-Scene/id/2649385333 « scène de la serviette », qui, pas besoin de tomber dans l’hypocrisie non plus, m’a forcément interpellé, mais, comme la plupart des personnages humains de la série, le personnage de Lee ayant rapidement évolué en une grosse somme de contradictions qui l’a transformé en âne buté et antipathique, n’a plus beaucoup d’effet sur moi, tout comme les jolis muscles et le caractère frondeur du capitaine « mais-ta-gueuleeeeeeeuh-connasse » Starbuck . Reste dans ce tableau peu flatteur et, on l’espère, pas tant représentatif de l’humanité , quelques exceptions, dont les personnages campés par les deux acteurs qui investissent le tiercé de tête de ce classement. Peut-être est-ce dû au fait que tous deux sont mariés à des Cylons ou à des Grosses Connasses, ce qui leur apportent un peu de nuance dans leurs comportements et d’empathie à leurs égards sans doute, peut-être est-ce aussi dû que leur présence à l’écran n’est indéniablement jamais hum… comment dire… vraiment désagréable. Bon, il n’y a pas que ça – encore une fois, la dernière saison redresse nettement la barre de la série – mais quand même, ça le fait un peu. En attendant, puisque l’heure de la série a pratiquement sonnée, on souhaite le meilleur pour l’avenir de « Dollhouse », la nouvelle série du papa de Buffy – à savoir ne pas être annulée au bout de sept épisodes comme la plupart des seules œuvres honorables de la chaîne Fox, et qu’on ne me tanne pas avec les aventures ridicules du néo-Charles Bronson connu sous le nom de Jack Bauer, et une caractérisation aussi « avantageuse » du personnage de Tahmoh Penikett. Et si quelqu’un pourrait se soucier de ce pauvre Michael qui attend toujours qu’on lui file les clés de sa reconversion, il vous en serais bien gré !
